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Le mythe du La 432 Hz en musique : Science ou fiction ?

Le mythe du La 432 Hz en musique : Science ou fiction ?
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La musique est un domaine parallèle à la mathématique pour sa justesse. En effet, les mêmes règles conduisent aux mêmes résultats où qu’on se trouve. Toutefois, à l’instar des autres domaines d’activité, la musique repose sur des règles conventionnelles qui garantissent l’unanimité des résultats. C’est le cas de la note La que donne le diapason. Mais la science musicale n’a pu se soustraire aux théories conspirationnistes qui portent sérieusement à confusion. Parmi ces dernières, le mythe du La 432 Hz prend de l’ampleur au point qu’il urge de faire des clarifications. Aujourd’hui, je vous propose un article un peu moins sérieux au sujet de ce mythe du La 432 Hz.

La 432 Hz : Une question de diapason

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La 432 Hz – Une affaire de diapason plus ou moins conventionnel

Avant d’entrer dans les fondements du mythe, parlons un peu de théorie musicale une fois encore. Si vous vous souvenez bien, vous avez déjà un diapason au cours de musique au collège. En fait, le diapason est un petit outil constitué de deux lames en métal épaisses et parallèles. Elles sont soudées en forme de U et prolongées par une tige. Le diapason sert à donner la hauteur d’une note-repère dont la fréquence est le fruit d’une convention commune. Actuellement, la note-repère est le La 3, à la fréquence de 440 Hz.

Pour ceux qui utilisent un accordeur chromatique pour guitare, vous avez peut-être déjà remarqué sa fonction. En effet, il permet de changer la fréquence de la note de référence. Faire varier cette fréquence variera la perception de justesse de votre accordeur. Un La 432 Hz va par exemple sonner moins aigu qu’un La 440 Hz. Mais il sera malgré tout ” juste ” pour votre accordeur s’il est réglé comme tel.

Le mythe du La 432 Hz en musique : Science ou fiction ?

L’intérêt de définir une note de référence réside par exemple dans l’harmonisation des instruments modernes. Cela permet aux musiciens de s’appairer et de jouer sur les mêmes tonalités.

Mais qu’en est-il du La 432 Hz, pourquoi est-ce un mythe ?

Pour résumer, les amateurs des théories complotistes nous affirment qu’à l’époque où nos ancêtres ont créé les premières formes de musiques, ils utilisaient comme note de référence le La 432 Hz. Cette fréquence est supposée concorder avec des figures mathématiques comme le nombre d’or. Cette proportion utilisée en géométrie, fruit du rapport entre deux longueurs A et B tels que (A+B)/A = A/B … ouch n’est-ce pas ?  Il se dit que le nombre d’or possède des qualités visuelles intrinsèques. Egalement ce nombre serait à l’origine d’incroyables constructions comme les pyramides ou les œuvres d’arts les plus connus.

Cette concordance laisserait entendre que le La 432 Hz est en accord avec les fréquences de la nature, de la vie, et même de l’univers… Waouh. Jouer de la musique ayant pour référence un La 432 Hz aurait alors des propriétés bénéfiques pour nous autres auditeurs. En effet, selon le complot, cela harmoniserait notre esprit avec le cosmos et soignerait nos maux les plus enfouis. Voilà pour la théorie. Pour preuve, les défenseurs du La 432 Hz n’hésitent pas à brandir des calculs savants à base de théorèmes pythagoriciens. Ils se servent aussi d’images comparant la beauté d’une hauteur résonant à 432 Hz à celle de 440 Hz. Décriant ce dernier, ils relèguent le La 440 Hz à un instrument de propagande aux effets néfastes sur le corps et l’esprit. Au final, qu’en est-il ? De l’eau !  C’est beau !

Une histoire de convention et de subjectivité

En réalité, les théories se fondant sur les figures mathématiques n’ont jamais été vérifiées par la communauté scientifique. Puis, les calculs mis en avant sont souvent bancals et incorrects. Malgré tout, il ne faut pas oublier qu’il est possible de faire dire ce que l’on veut aux nombres selon le contexte dans lequel nous les utilisons. Saviez-vous que le lit est l’endroit le plus dangereux du monde ? 80 % des gens y meurent ! … Voilà un bel exemple de détournement de statistique.

Au cours de l’histoire, les notes de références ont très souvent changé de fréquence. Les raisons sont intrinsèques aux instruments et à leurs modalités de conception. Les grands compositeurs de musique classique eux-mêmes utilisaient leur propre diapason dans l’élaboration de leur symphonie. Ainsi, on notera que Mozart utilisait un La 422 Hz, et Haendel 423 Hz. Le La 432 Hz nous vient entre autres du compositeur Italien Giuseppe Verdi. La propagande autour des diapasons et notes de référence est aussi issue de la concurrence entre les musiciens, chacun voulant imposer sa norme.

Au final, le mythe du La 432 Hz fait partie de ces débats entre suiveurs et détracteurs qui feront encore couler beaucoup d’encre dans un univers un peu plus alternatif de la musique.

Mythe autour du La 432 Hz : l’origine du diapason

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La 432 Hz – Origine de cet diapason qui s’harmoniserait avec le corps humain

Le contexte de création du diapason

Les débats au sujet du La 432 Hz datent de très longtemps et pour mieux l’appréhender, il faudra remonter un peu dans le temps et contextualiser chaque évènement. Alors, nous pourrons mieux appréhender les origines du diapason et celle du La 432 Hz. D’ailleurs, on appelle diapason une barre métallique munie de bout parallèle dont le rôle est de fixer la note de référence qui va servir de base pour les autres. Il propose généralement la note « La » et sa fréquence. Se faisant, le diapason aide des musiciens venus de divers horizons à s’accorder sur un même principe de base pour jouer et faire plaisir à leur auditoire.

Les apparitions du diapason dans le temps

Les musiciens s’accordent à dire que le premier diapason de l’histoire est l’œuvre d’un musicien trompettiste britannique du nom de John Shore. Ce dernier dans un souci d’harmonisation a eu l’idée de créer un objet qui devrait servir d’orientation à tous les musiciens. Ainsi, il créa le premier diapason en 1711. Cet outil est loin de servir de référence. Il servait juste de référence beaucoup plus en Grande Bretagne. Aussi, le diapason de John Shore a eu le succès d’inspirer les musiciens des autres pays. Donc, en fonction du contexte musical, du climat et bien d’autres, chaque pays avait presque son diapason. Les premiers diapasons étaient donc beaucoup plus modulants.

La seule référence internationale avant l’apparition de ce premier diapason était la « corista ». La corista est une note de référence utilisée dans la musique italienne. Elle a servi de référence à l’internationale pendant des années. La corista serait d’ailleurs l’ancêtre du diapason de John Shore.

L’adoption d’un diapason universel et fixe dans le système tonal de la musique est très simple. On retrouve cela pour la première fois en 1975 avec l’apparition du La 440 Hz. Ce diapason est l’œuvre de l’Organisation Internationale de Normalisation (OIN encore appelée ISO).

Quel est le contexte de l’adoption du « La 440 Hz »

 Le contexte d’adoption du La 440 Hz était un peu particulier. En effet, le diapason La 440 Hz s’est presque imposé naturellement. Bien avant 1975, plusieurs pays, et pas les moindres en termes de musique à l’époque, s’accordaient déjà sur l’utilité du La 440 Hz et l’exploitaient comme note de référence. Cela a débuté en 1926 au moment où les Etats-Unis avaient reconnu son utilité et l’avaient adopté comme note de référence. Ensuite, ce fut le tour de certains pays européens de l’adopter en 1939. Il s’agit des pays comme l’Allemagne, l’Angleterre et bien d’autres.

Pour ces différents pays, le La 440 Hz présente une bonne logique historique et musicale qui répond à plusieurs préoccupations de l’époque. Aussi, il permet aux musiciens de différentes régions du monde de s’accorder un principe musical assez clair pour trouver une bonne référence entre les différentes variétés musicales.

C’est ainsi que se résume l’histoire du diapason.

Quelle serait l’origine de l’adoption du La 432 Hz ?

Il existe plusieurs théories qui expliquent l’origine ou les raisons d’adoption du La 432 Hz. Ces différentes théories convergent sur les bienfaits du La 432 Hz sur l’organisme humain. C’est la raison fondamentale qui aurait milité pour son adoption. En effet, selon les adeptes de cette théorie, la fréquence 432 Hz serait en parfaite symbiose avec les fréquences des différentes particules de notre organisme. Ainsi, l’organisme humain est plus réceptif des harmonies qui se basent sur la fréquence 432 Hz.  

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Toutefois, il est primordial de notifier qu’aucune démonstration scientifique sérieuse n’est encore en mesure de prouver cette théorie de façon irréfutable. En effet, pour les scientifiques, il est encore difficile de ressortir le lien entre cette fréquence avec l’eau présente dans les particules de l’organisme humain.

La seconde raison de l’adoption du La 432 Hz concerne ces interactions avec le phénomène des précessions des équinoxes.  On appelle précessions des équinoxes un mouvement spécifique qui induit un décalage de la direction des étoiles entre deux siècles successifs lors d’une rotation complète de la terre.

Ce phénomène scientifique bien connu et expliqué par des spécialistes depuis des siècles n’a jamais eu de corrélation avec la fréquence 432 Hz. Mais les éminents défenseurs du La 432 Hz ne manquent pas d’établir des liens. En effet, Franck Nabet, figure emblématique de ces théories présentera ce La 432 Hz  comme une harmonique dans laquelle toute résonnance sonique trouverait une correspondance. Pour corroborer ce point de vue, il explique qu’il existe une fréquence unique de résonnance associée à chacune des matières de la vie en général.  Prenant l’exemple du Do, il affirme que cette note agit dans l’activité du système chlorophyllien des végétaux. En 440 Hz dit-il, nous nous éloignons de cette harmonique bénéfique par le décalage des fréquences naturelles.  Ainsi, cette fréquence n’aurait aucune explication scientifique possible.

Comment le La 432 Hz est devenu une note de référence universelle en musique ?

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La 432 Hz – Une note de référence par pure convention

Avant le La 432 Hz, il existait déjà une pléthore de note musicale plus ou moins adoptée dans plusieurs régions du monde. D’autres en faisaient même presque l’unanimité à l’image du La 440 Hz. Plus loin, on pourra retrouver la Corista qui est l’ancêtre du premier diapason. Il y aurait eu plusieurs initiatives dans le temps pour faire adopter le La 432 Hz comme note universelle. La première tentative enregistrée en Europe a eu lieu en Italie. Ce fut l’œuvre du musicien compositeur Giuseppe Verdi. Giuseppe Verdi, après ses expériences avec la note musicale a trouvé intéressante l’idée d’en faire une référence musicale. Ainsi, il introduit par le biais de la commission musicale auprès du gouvernement d’Italie une proposition de loi pour normaliser le La 432 Hz. Cette initiative a obtenu l’accord des autorités italiennes. Ce fut en 1884.

Après ce succès italien, la norme La 432 Hz a commencé par se propager dans les pays environnants notamment la France. Cependant, ce nouveau standard qui commence par s’internationaliser n’a pas obtenu l’accord des barons de la musique française assez facile. Il y aurait des intérêts en jeu que cette nouvelle norme bouleverserait. C’est ainsi que la fréquence 432 Hz du La s’est répandue.

Par ailleurs, il est important de noter que cette même démarche avait déjà été adoptée des années auparavant. Ce fut pendant les années 1830 et 1840 et l’œuvre des musiciens tels que Richard Wagner et Franz Liszt. Ce diapason est encore revenu à la norme après le 432 à la suite de plusieurs initiatives britanniques. Le La 440 est devenu finalement la norme ISO en 1975.

Pourquoi discréditer le La 432 Hz et en même temps lui donner un peu de crédit ?

Des explications précédentes, on affirme sans nul doute que ce soit bien le La 432 Hz ou le La 440 Hz ou biens d’autres, ce sont des conventions. Cela voudrait dire que des musiciens en fonction des expériences spécifiques liées à leur environnement musical et culturel ont trouvé très adaptées les fréquences 440 et 432. La conséquence immédiate de cet état de choses est que d’autres fréquences peuvent être plus adaptées selon les milieux et le contexte propre. Aussi, il est très important de retenir que les fréquences 440 et 432 ne sont pas liées exclusivement à la note musicale « La ».

En effet, si on se positionne sur un intervalle de temps semblable à celui du La, une note « Do » placée sur une octave pareille à la 400 (261 Hz) donnerait le même degré de satisfaction que le La. Enfin, il est important de préciser que les effets des fréquences sur l’organisme ne sont plus à démontrer. Ce sont des faits scientifiquement prouvés par leur effet de résonnance. Même les musiciens en ont conscience. Le problème actuel est de pouvoir prouver qu’il y en a une qui soit plus adaptée que l’autre et s’intégrerait universellement. Ce qui est difficile à ce jour. Toutefois, on reconnaît que chaque fréquence à la capacité de s’harmoniser dans un environnement spécifique. De là, s’adapter à un contexte spécifique à chaque fois pose un véritable problème pratique pour les musiciens qui ont préféré en adopter une par convention.

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