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Black album de metallica, histoire et tablatures

Black album de metallica, histoire et tablatures

L’épopée du Black Album

Probablement aucun autre album de métal n’atteindra un jour la puissance terrassante du Black Album, ce joyau aux multiples facettes, dont la sortie a été suivie d’une gigantesque tournée de trois ans. 20 ans plus tard, Metallica s’apprête à nous faire revivre cette aventure extraordinaire, avec une tournée commémorative lors de laquelle il jouera l’intégralité de cette œuvre cultissime. Le rendez-vous est pris au Stade de France le 12 mai 2012.

Une pochette intégralement noire, exempt de tout graphisme superflu qui pourrait nous détourner de l’essentiel : 12 compos assassines et intemporelles, qui ont porté les boss du Big 4 jusqu’au firmament du rock. Metallica, très vite rebaptisé le Black Album, s’est vendu a plus de 22 millions de copies jusqu’à ce jour. Autrement dit, l’album a été certifié 15 fois platine. Moins complexe et beaucoup plus ouvert que ses prédécesseurs, ce cinquième chapitre, enregistré dans des conditions particulièrement difficiles, est celui qui a divisé les fans du groupe. Le producteur Bob Rock, connu comme étant l’architecte du succès de Bon Jovi, a réussi à universaliser leur musique, tout en conservant son essence : les riffs de guitare lourds et agressifs.

Une photo du groupe Metallica avec les 4 membres, dont Kirk hammet, Hetfield et Lars Ulrich qui sont les membres fondateurs
Le groupe Metallica composé de 4 membres dont 3 fondateurs qui ont réalisé le black album.

Après justice for all à la guitare

Tout juste dix ans après sa formation, Metallica sort d’une tournée particulièrement intense, dans le sillage de l’album And Justice For All, une œuvre ambitieuse et complexe, peut-être un peu trop d’ailleurs. À la sortie du périple, les quatre se jurent qu’ils ne joueront plus jamais certains morceaux épiques de l’album, tels que « …And Justice For All » et « To Live is to Die », trop long et contraignants à interpréter sur scène (ils changeront d’avis plus tard). Neuf mois après la tournée And Justice For All, le groupe décide de donner quelques concerts en Europe, histoire de se remettre dans le bain, et de retrouver l’inspiration. Cette mini tournée se termine par une date à Glasgow, en Écosse. Le groupe s’octroie quelques semaines de vacances pour recharger ses batteries, avec de s’attaquer à l’écriture de nouveaux morceaux pour préparer son cinquième opus.

Épluchage de cassettes

Durant la tournée …And Justice For All, James Hetfield, Kirk Hammett et Jason Newsted ont été particulièrement créatif, stockant beaucoup d’idées sur des cassettes : « Kirk n’arrêtait pas de jouer », se souvient Hetfield. « Ses riffs avaient besoin d’être un peu structurés et réarrangés. Notre boulot était de faire le tri dans tout ça ». Le travail débute dans la maison de Lars Ulrich, située en haut d’une colline de Berkeley, dans la périphérie de San Francisco. Le batteur y a installé un home studio sommaire, équipé d’un magnétophone multi-pistes (pas de Pro Tools à l’époque), d’un kit de batterie, et d’un combo Mesa Boogie Mark IV. Lui et James Hetfield s’y enferment tous les jours. Les deux hommes se connaissent depuis plus de 20 ans, et ont pris l’habitude d’échafauder, ensemble, les bases des chansons, utilisant les tensions inhérentes à leur relation fraternelle, pour stimuler leur créativité : « Lars et moi, on a traversé beaucoup de choses ensemble. Il y a beaucoup de respect entre nous. Mais, comme tous les frères, on se déteste autant qu’on s’adore » explique Hetfield. Pour Ulrich, les tensions sont même positives : « Les frictions et les conflits nous apportent de l’énergie, et c’est une bonne chose. Avec James, nous sommes très différents. Nous arrivons toujours à trouver un terrain d’entente, mais parfois, nous y allons, l’un comme l’autre, le couteau entre les dents ». Les deux hommes mettent les meilleurs riffs des cassettes à l’épreuve dans cette simple pièce, comme ils l’ont toujours fait. Le premier titre à prendre forme fut « Enter Sandman », basé sur un seul riff de Kirk Hammett. Son étrange simplicité, en comparaison de l’ancien répertoire du groupe, leur servira de fil conducteur pour composer le reste de l’album. Finalement, le binôme couche sur cassette une démo contenant sept titres. Hetfield y joue toutes les guitares, y compris les solos et la basse.

L’homme guitariste providentiel

Lassés d’une formule un peu trop routinière, et désireux de s’orienter vers un style de morceaux plus formatés et concis, les quatre musiciens décident de plus faire appel aux services de Flemming Rasmussen, le producteur danois qui a supervisé l’accouchement de leurs trois albums précédents, Ride the LightningMaster of Puppets et …And Justice for All. Cliff Bernstein, directeur artistique chez Elektra Records et manager du groupe depuis 1984, leur suggère une idée qu’ils trouvent un peu saugrenue : contacter Bob Rock, le producteur qui pèse lourd dans la scène glam et FM de l’époque (Bon Jovi, Motley Crue, Skid Row, David Lee Roth). Mais, les Mets se révèlent plutôt curieux de le rencontrer. Après tout, le bonhomme sait faire de bons disques qui passent en radio, et puis la production du Dr Feelgood de Motley Crue les a, même, totalement bluffés. Bernstein explique : « Ces gars étaient des outsiders. Seule une dizaine de radios diffusaientt leur musique aux USA. Ils ont réalisé qu’ils allaient devoir décider de quelle façon ils allaient devoir travailler sur ce futur album, parce que jusque-là, ils n’étaient jamais sortis des compétences musicales et technologiques qu’ils maîtrisaient parfaitement ». Et effectivement, même si le groupe Metallica prenait toujours plus d’ampleur au sein de la communauté métal (fans, médias spécialisés), il n’intéressait personne hors de ce cercle. Comme des dizaines d’autres bands de la scène thrash, Metallica était programmé pour tourner ad vitam æternam pour subsister, mais surement pas pour devenir l’un des plus grands groupes rock de la planète. « Je ne dénigre pas …And Justice For All, il était parfait pour l’époque. Mais, quand on l’écoute, on se rend bien compte que nous avions besoin d’être sérieusement pris en mains », explique Hetfield.

Premiers contacts

Le producteur se déplace pour assister à un concert du groupe à Vancouver, au Canada. Il analyse, scrupuleusement, ses anciens albums, et cerne rapidement le problème : Metallica est un groupe live impressionnant, mais jusqu’alors, il n’a jamais réussi à restituer ce son et cette énergie sur ses albums. Lars Ulrich se souvient : « Quand il nous a balancé ça dans la tronche, on s’est regardés en pensant : « Mais qui est ce mec pour oser nous parler comme ça ? ». Quelques mois plus tard, Bernstein, en accord avec le groupe, propose à Rock de mixer le futur album. « Je leur ai répondu que non seulement j’allais mixer ce disque, mais que j’allais également le produire de A à Z ».

Des débuts difficiles

Méfiants, les Mets ont du mal à changer leurs habitudes. Après tout, qui est ce type qui vient leur demander de chambouler leur petit monde ? Peuvent-ils vraiment avoir confiance en lui ? Une période de trois mois d’adaptation sera nécessaire, afin que les deux parties se testent mutuellement. Rock se souvient : « Les trois premiers mois ont été assez difficiles. Les gars étaient suspicieux à mon égard, et ils ne voulaient pas tenir compte de mes commentaires concernant leurs chansons. Ils ne faisaient pas attention à moi ».
Ulrich explique : « Personne n’avait intérêt à venir nous faire chier. On avait une manière de fonctionner, et c’était comme ça, et pas autrement. Et ce mec, avec un aplomb extraordinaire, s’asseyait pour nous exposer toutes ses idées, des concepts qui nous semblaient totalement loufoques. Nous étions jeunes, naïfs, et très campés sur nos positions ».
Les Metallica comprennent rapidement que le bonhomme, s’appuyant sur une solide expérience, est à même de prendre les rennes, et de les aider à pondre l’album de leur vie, mais ils ne vont pas, non plus, lui faciliter la tâche. Les sessions débutent par une période de mise à l’épreuve pour Rock : « On lui a fait des misères, mais il y a survécu », confie Hetfield.

Un pour tous, tous pour un

La vision et l’assurance de Rock réconfortent Hetfield et Ulrich, qui apprécient de ne plus devoir endosser toutes les responsabilités. Le producteur trouve, peu à peu, sa place de cinquième membre de Metallica. Le producteur stakhanoviste promet d’aider les garçons à sortir ce qu’ils ont de meilleur dans les tripes, mais les prévient qu’il va falloir bosser comme jamais, et qu’il y aura de la souffrance et des larmes. Premier changement drastique : il force le groupe à jouer live durant les prises de batterie, pour offrir un véritable groove d’ensemble aux chansons, alors qu’ils avaient pour habitude de toujours travailler séparément : « Jusqu’au Black Album, on commençait tous les deux avec James, et on jouait les titres partie après partie, très concentrés, jusqu’à ce que la batterie soit parfaite. Sa guitare me servait juste de témoin. Résultat, tout sonnait raide. Bob nous a appris à nous abandonner, au point de nous laisser porter par la musique ».

Rock’n’roll wall of… guitars

L’une des grandes réussites du Black album, c’est ce son de guitares monumental. James Hetfield joue toutes les guitares rythmiques, qui sont triplées, voire quadruplées : « Dès que j’avais terminé mes prises, c’était comme un énorme mur de son que l’on prenait en pleine face », se souvient Hetfield.
Pour Bob Rock, le concept était simple : réussir à intensifier le son de chaque instrument au maximum, et donner au groupe une puissance incommensurable, et ce, même au travers de deux haut-parleurs. Les guitares devaient sonner aussi lourdes et fortes que possible, mais il apporte, également, toute son attention sur un élément quasiment inexistant sur les premiers opus du groupe : la basse. « Je crois que nous n’aimions pas la basse », dit Hetfield hilare. Pour le bassiste de l’époque, Jason Newsted, c’est une vraie victoire : « Honnêtement, je n’aime pas trop …And Justice for All, parce que le son de la basse est complètement enterré. Les fréquences basses que l’on entend sur le disque viennent, en réalité, de l’égalisation des guitares. Bob leur a fait comprendre que la basse doit être présente, jouer une partie en tant que telle, et pas seulement appuyer les accents des guitares ».

Le calvaire du guitariste Kirk Hammett

Bob Rock comprend que les solos de guitare sont l’une des composantes essentielles du style de Metallica. Son impression, peut-être justifiée, est que Kirk Hammett s’est, jusque-là, un peu reposé sur ses lauriers, et il le pense capable de donner beaucoup d’impact émotionnel dans ses solos. Aussi, il décide de secouer le guitariste : « Je coachais Kirk avec Lars pendant ses prises, parce qu’il avait besoin d’être poussé en dehors de sa zone de confort. Je savais qu’il pouvait faire beaucoup mieux ». Le producteur cherche à faire improviser Hammett au maximum, et compte bien lui faire refaire chaque solo jusqu’à ce qu’il soit parfait. Newsted se souvient : « Bob était vraiment sur son dos, et il ne le lâchait pas. Il lui lançait sans arrêt des vannes, du genre : « Allez, vas-y, guitariste de l’année ». ça avait vraiment tendance à l’irriter ». Les choses prennent un nouveau tournant avec le solo de The UnforgivenHammett avait, initialement, préparé un solo plutôt virtuose et difficile à exécuter, mais les autres l’ont détesté. Excédé et frustré, il se lâche bille en tête dans un solo rageur et très spontané. Finalement, c’est cette prise, née d’un élan de colère, qui a été retenue pour le mix final : « J’ai été obligé de creuser au plus profond de moi-même pour aller chercher des émotions », confie Hammett. Il poursuit : « Paradoxalement, l’inspiration venait plutôt facilement, parce dans l’ensemble, les morceaux réclamaient des solos de guitare bien spécifiques. Elles les appelaient presque en criant ».
Le joyau de Hammett reste « Wherever I May Roam », sur lequel il exécute deux chorus d’une rare perfection : « La première phrase du premier solo ressemble à une phrase de Jimi Hendrix. Je n’ai pas peur de le dire. Tous les guitaristes se piquent des plans, n’est-ce pas ? »
Là encore, il se laisse guider par l’atmosphère orientale de la chanson, dictée par le son du sitar électrique, et par les intervalles de seconde mineure utilisée dans le riff principal : « J’ai choisi d’utiliser le mode phrygien dominant, dont le son penche vraiment du côté de l’Asie. Ça sonnait super bien ». Pour préserver la spontanéité du soliste, Rock prend un malin plaisir à le prendre au dépourvu, comme pour le second solo du morceau : « Il m’a prévenu au dernier moment que je devrais jouer sur cette partie. J’ai improvisé sans filet, et c’est sorti comme ça. J’ai dû faire trois ou quatre prises, et j’étais vraiment dans un très bon jour. Ce solo ressemble à une sorte de conversation ».

La tournée qui ne s’arrêtait jamais

Dès sa sortie, le Black Album a atteint un score de deux millions d’exemplaires vendus, et puis de cinq millions. Le phénomène est planétaire, et sur tous les continents, la demande pour voir jouer le groupe live est énorme. Le groupe s’embarque dans l’une des tournées les plus énormes de l’histoire du rock, qui s’est étendue de l’été de 1991, jusqu’à l’été de 1993. Aucun continent n’est épargné, et Metallica croise le fer avec les plus grands groupes de l’époque : AerosmithMotley Crue, les Black CrowesFaith No MorePanteraAlice in Chains et Guns N’RosesCliff Bernstein argumente : « À chaque fois que les gars voulaient mettre un terme à la tournée, on se rendait compte que, dans tel ou tel pays, nous avions vendu deux millions d’albums supplémentaires ». Au relevé des compteurs, le groupe a donné plus de 300 concerts, quasiment du jamais vu : « Je ne m’attendais pas à ce que cet album cartonne autant, et qu’il ait un tel impact sur les gens. Il y a eu un effet boule de neige. Les tournées se sont succédées, et elles devenaient de plus en plus longues. De nouvelles dates s’ajoutaient, encore et encore et encore… C’était juste dingue. », se souvient Hammett. Les musiciens sont confrontés à une promiscuité perpétuelle, d’où certaines tensions et aux tentations inhérentes à la vie en tournée, sans parler de l’argent qui rentrait à grands flots dans les caisses du groupe, et qui a bien failli leur faire perdre la tête. Newsted raconte : « Je crois qu’on s’est un peu laissés aller dans le trip rock star. Heureusement, nous avions suffisamment d’expérience pour avoir une vue d’ensemble de ce qui était en train de nous arriver. Nous avons gardé le contrôle. Ayant déjà donné de nombreux concerts, on savait qu’il était impossible de se prendre une biture, et d’être prêts à assurer le lendemain. Quand 50.000 personnes ont payé leurs tickets pour te voir jouer, tu as intérêt à être là, et à assurer ». Mais, la redescente est rude. La route est une addiction, et Kirk Hammett n’a pas oublié ce moment douloureux : « Après la fin de la tournée, je suis tombé dans une sorte de dépression, comme s’il fallait que je réapprenne à vivre au quotidien. Dès le lendemain du dernier concert, tu te retrouves chez toi comme un con, livré à toi-même, et là, tu te demandes : « Qu’est-ce que j’avais l’habitude de faire quand j’étais chez moi, avant que tout cela ne commence ? ».

À l’assaut des radios metal et rock

Le succès fulgurant du Black Album réside, bien entendu, dans la puissance de ses chansons, et, bien entendu, dans la production insensée de Bob Rock « Lorsque j’ai entendu les maquettes enregistrées par James et Lars, les chansons étaient déjà là. Mais, la méthode d’enregistrement que nous avons adoptée, par la suite, a décuplé leur potentiel ». Au total, six morceaux de l’album sortiront en simple, et attaqueront les donjons jusque-là imprenables des grosses stations de radio. Ces dernières connaissaient Metallica, et les fans faisaient pression sur elles pour que les morceaux du groupe soient diffusés, mais les programmateurs faisaient de la résistance. Le Black Album, avec ses chansons très accrocheuses, ancrées sur des grooves solides, et boostées par une super bonne production, les a forcés à se résigner. Tous les gens qui connaissaient Metallica de réputation, et qui cataloguaient le groupe dans la catégorie « musique de bourrins » se sont rendu compte que cette musique avait beaucoup d’autres facettes. Bob Rock a, lui aussi, son explication : « C’est un disque qui possède des qualités humaines indéniables, et c’est vraiment décelable dans les vocaux. James a franchi un cap important, dans le sens où il a vraiment réussi à extérioriser des choses qu’il avait au fond de lui, et a appris à les transmettre. J’ai réussi à ce que la personnalité de chacun s’exprime au travers des chansons, et c’est pour cette raison que cet album est aussi personnel, et que les gens aiment l’écouter ».

Au total, six singles seront tirés de l’album, un véritable tour de force sur le plan commercial :

Enter Sandman

Cette chanson a été bâtie autour d’une idée de Kirk Hammett, qui est développée tout du long. Lars Ulrich explique : « Le riff qui s’est retrouvé sur l’album n’est pas exactement conforme à celui que Kirk avait trouvé. Le sien était, en fait, tel que nous le jouons à la fin de chaque cycle. J’ai eu l’idée de répéter trois fois la cellule du début, et de n’ajouter ce motif final que sur la quatrième ». Il s’agit d’un riff original et puissant, qui arrache tout sur son passage, à la fois ancré dans un certain classicisme, mais possédant une pointe de futurisme. L’impact en radio a été immédiat.

Don’t Tread on Me

Erreur d’appréciation artistique ? Stratégie commerciale du management pour garder les plus grosses cartouches de l’album pour la suite ? Difficile à dire ! Ce second single, plutôt décevant, atteint tout de même la 21ème place du Billboard.

The Unforgiven

Metallica avait déjà écrit de bonnes ballades auparavant, comme « Fade to Black » ou « Welcome Home Sanatorium », mais celle-ci est assez atypique, comme l’explique Ulrich : « Généralement, le couplet était calme et mélodique, tandis que la tension montait sur le refrain qui devenait plus heavy. Avec The Unforgiven, nous avons voulu inverser cette tendance ». Le cor sur l’introduction est un sample, qui a été passé à l’envers, et le thème de guitare apporte une couleur un peu western. Le solo enflammé et modal de Kirk Hammett évoque le style de son mentor Uli Roth, jadis guitariste des Scorpions. Sur l’arpège d’intro, James Hetfield a couché plusieurs pistes de guitare à corde nylon, l’une jouant l’arpège, et l’autre, sous mixée, renforçant les basses.

Nothing Else Matter

N’ayons pas peur des mots : « Nothing Else Matter » est, ni plus ni moins, le « Stairway to Heaven » des années 90, avec son développement orchestral signé par le grand Michael Kamen. L’histoire de la naissance de cette ballade culte est pourtant assez amusante. Hetfield se souvient : « C’est presque une blague. J’étais assis en train de parler au téléphone tout en pinçant quatre cordes à vide sur ma guitare, et j’ai réalisé que je tenais quelque chose d’intéressant. J’ai dit à la personne que j’avais au bout du fil : « Heu… je dois te laisser, bye ». J’ai ajouté quelques ornements, et tout est parti de là ».

Hetfield ne tarit pas d’inspiration, et les arrangements de la chanson sont proprement luxuriants. Il échafaude sur les couplets une pseudo partie de cordes à trois voix, en utilisant un archet électronique E-Bow, qui n’est pas sans évoquer le style polyphonique de Brian May au sein de Queen. Bob Rock, toujours aussi visionnaire, propose au groupe de contacter Michael Kamen, et de lui commander un arrangement orchestral. Les musiciens trouvent l’idée intéressante, mais décident de sous mixer cette partie, qui, pourtant, apporte au titre une richesse texturale impressionnante. Neuf ans plus tard, ils mettront sur pied le show Symphony and Metallica avec Kamen. Vous pouvez retrouver un tutoriel de guitare de nothing else matter ci-dessous

Wherever I May Roam

Une chanson lourde et climatique, dégageant une saveur orientale, renforcée par l’utilisation d’un sitar, et d’une profonde note récurrente, jouée sur une basse douze cordes, et qui évoque un son de percussion. L’espace laissé entre les longs power chords des couplets laisse le champ libre à la voix d’Hetfield. « Wherever I May Roam » devient rapidement un étendard pour les fans du groupe : « Cette chanson est devenue notre « hymne du routard ». Elle parle de notre crew, et de la vie que nous menions en tournée. Metallica a commencé quand nous avions 19 ans, et depuis, nous étions constamment sur la route, qui est devenue en quelque sorte notre maison ». Hammett signe probablement le plus beau solo de sa carrière.

Sad But True

En matière de rock, et plus spécialement de métal, le nerf de la guerre, c’est la puissance et l’efficacité des riffs de guitare. Celui de « Sad But True », charpenté comme un char d’assaut, est taillé pour partir à la guerre. Sur le refrain, le groupe fait un pas en avant, en utilisant des nappes de synthétiseur, ce qui ne manque pas de dérouter les fans de la première heure.

Le Dark Side of the Moon du métal

Pour les fans de la première heure, le Black Album aura toujours un arrière-goût de trahison. Plus épurée et formatée (n’ayons pas peur des mots), cette collection de standards du rock a donné à Metallica son ticket pour l’immortalité : « Avoir eu l’opportunité de pouvoir faire un tel disque dans notre carrière, c’est vraiment magnifique, vraiment magnifique »« C’est notre Dark Side of the Moon », conclu Kirk Hammett. L’union entre Metallica et Bob Rock était forcément vouée au succès. En attendant, on vous laisse écouter et suivre ce cours de guitare sur Moth in to flame de Metallica.

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