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Quelle différence entre une guitare de luthier et une grande marque ?

guitare de luthier

Les 5 dernières années ont vu l’explosion des ventes d’une nouvelle gamme de guitare mis en place par les grandes marques. Appelées Deluxe, Custom Shop, ou Vintage Special selon la marque, ces dernières se placent sur le créneaux de luxe sur lesquelles on retrouvait jusqu’alors la guitare de luthier. A tarif égal, quelle est la différence entre ce type de guitare réalisé industriellement d’une grande marque, et les créations artisanales des luthiers ?

La guitare de luthier : un instrument unique et sur-mesure

Fruit du savoir faire d’un artisan luthier, ce type de guitare est réalisé après une longue définition des besoins entre le guitariste et le luthier. S’en suit alors un processus de sélection des essences de bois, des vernis et de l’accastillage. Le temps de réalisation se calcule en mois et une guitare de luthier peut prendre jusqu’à un an pour être prête. Le bois devant travailler, et les méthodes de constructions variant selon les outils. Elles ont le mérite d’être unique. Chaque guitare étant la résultante de l’expérience de son artisan. En somme, selon la lutherie vers laquelle vous vous tournez, la guitare créé peut être drastiquement différente. Bien que contrôlé par des méthodes certifiés, le résultat garde toujours une part d’aléatoire rendant l’instrument unique, c’est d’ailleurs le propre de l’artisanat.

La guitare de grande marque

Comme nous le disions dans l’introduction, cette dernière est réalisé à grande échelle. Fruit de techniques d’industrialisations standardisées et avancés, il est possible d’avoir la même qualité de conception et de finition en très peu de temps. Ce sont des guitares assurément de grande factures et fruit d’années de brevets et d’innovations technologiques. Si le caractère unique de ces guitares est moindre comparé aux réalisations des luthiers, les séries en arrêt de production prennent beaucoup de valeur avec le temps. C’est le cas par exemple des Gibson Les Paul de la fin des années 60. Créé avec des essences de bois aujourd’hui interdites à l’exploitation, les sonorités uniques ne peuvent plus être reproduite.

Marketing et innovation

Il est indéniable qu’aujourd’hui le marketing a une place prépondérante dans la vente d’un instrument. La communication est basé, soit sur la caractère mythique d’un nom de marque. Soit sur l’aspect artisanal de l’instrument. Ce qui compte, plus encore que la mythologie entourant l’instrument, c’est sa qualité de conception. Renseignez-vous sur les matériaux utilisés et sur les qualités acoustiques des essences de bois. Renseignez vous sur la méthode de construction, ou le procédé d’usinage et d’assemblage. Dans le cas de la guitare de luthier, le guitariste participe au processus de création. Plus fort que les arguments qui visent le cœur du collectionneur, interrogez vous le degré d’innovation et la marche de manœuvre qu’a un créateur dans la conception de votre futur instrument.

gibson auto tune
Une Gibson Les Paul équipé de la technologie G Fort auto tune.

Pour finir, il est a noté que le degré d’innovation varie en fonction de l’instrumentiste. Les grandes marques par exemple innovent sur les fonctionnalité tandis que les luthiers sur les formes et matériaux utilisés. Par exemple, Gibson a lancé une série de guitares qui s’accordent automatiquement et Yamaha des guitares silencieuses. MeloDuendo, une lutherie française, elle, s’est spécialisé dans les guitares en aluminium.

meloduende b bones
La B Bones en aluminium par la lutherie française Meloduende

Lumière sur un luthier français atypique : Jean-Raphaël Guillaumie

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Jean-Raphaël Guillaumie est un luthier au parcours atypique. Avant d’arriver dans le monde des bois qui sonnent, ce dernier s’était lancé sur un parcours d’éducateur sportif dans le milieu équestre. Guitariste amateur depuis l’adolescence, il s’est ré-orienté vers une école de musique professionnelle dans le nord de la France pour apprendre le métier de guitariste. Espérant alors un jour devenir musicien professionnelle. Finalement, il s’aperçut que ce n’était pas le métier dont il rêvait et choisit de changer encore une fois d’orientation, avec tout de même une certitude cette fois : rester dans le domaine de la musique. Passionné d’enregistrement audio et de prise de son, il a ensuite pris une formation d’ingénieur son à Paris… Au plus près des artistes et comme des instruments, la vraie révélation arriva : ce fut une formation en lutherie, ébénisterie et vernissage. ” Les mains dans le copeau ” comme il le dit si bien, c’est au plus proche des instruments que notre Jean-Raphaël Guillaumie se sent au mieux.

Jean-Raphaël Guillaumie, un luthier spécialiste

Alors luthier depuis une dizaine d’années, son atelier est implanté à Bordeaux. Jean-Raphaël Guillaumie aime à se placer comme un spécialiste des guitares vintage. Pour ses créations, ce dernier essaie au possible de travailler avec des bois locaux pour la création de ses instruments. Pour ce dernier, il n’est pas nécessaire d’aller bien loin pour trouver un bois nécessaire à la création d’un instrument de qualité. Il faut cependant que celui-ci ait les caractéristiques acoustiques idéales à la confection d’une guitare unique.

Jean-Raphaël Guillaumie propose aussi des stages de lutherie pour accompagner quiconque étant désireux de confectionner sa propre guitare. Un travail acharné qui prend entre 4 et 8 mois. La lutherie est un jeu de patience qui ne manque pas à combler d’émotion l’amateur du travail bien fait.

Une apparition dans le banc d’essai de MyMusicTeacher !

Nous avons eu la chance de mettre la main sur une des dernières créations JR Guillaumie, une guitare acoustique de type Dreadnough s’inspirant des célèbres Martin D28. Nous n’avons pas hésité à faire passer cette dernière à l’épreuve du banc d’essai MyMusicTeacher.

Pour en savoir plus sur ce luthier made in Bordeaux, rendez-vous sur son site internet : http://www.jrguillaumie.fr/.

 

Christophe Huort : Un luthier pas comme les autres

luthier christophe huort guitare

Aujourd’hui, lumière sûr Christophe Huort, un luthier pas comme les autres qui a bien voulu nous accorder un entretien. Zoom sur un artisan au parcours bien atypique.

Issu de l’enseignement technique, le luthier Christophe ne raisonne pas en artiste, mais plutôt en « technicien de l’art »

Du fait de son cursus industriel et ayant grandi hors de l’Europe, Christophe a pu être bercé par une autre culture, d’autres standards, ce qui lui a permis de découvrir le monde de la lutherie sans œillères ni formatage. Employant constamment le moindre de ses efforts pour se perfectionner dans son œuvre, Christophe a gravé dans sa mémoire la réponse du célèbre musicien Sting à un journaliste le questionnant sur l’utilité pour lui de reprendre des cours de chants : « Pour moi, l’apprentissage est un processus que seule la mort doit pouvoir interrompre ». Pour Christophe, le syndrome de la faute à pas de chance n’existe pas, il faut simplement acquérir un savoir nouveau, une nouvelle maitrise.

Guitare christophe Huort

La lutherie est une affaire de passion, Christophe, lui, a eu le déclic en 1977, après être tombé sur une vidéo promotionnelle du groupe T.I.P (Tama-Ibanez-Paiste). De par son absence d’apriori affectant les productions asiatiques, Christophe a pu objectivement constater qu’Ibanez n’avait à l’époque, non seulement aucune peur d’ouvrir les portes de son usine, mais aussi qu’ils pouvaient en plus se targuer d’offrir un SAV d’une grande qualité à une époque ou trouver la moindre pièce détachée américaine en France relevait du défi. Pour Christophe, fabriquer une guitare, même si c’est évidemment la penser en prévision des attentes du client, c’est aussi la concevoir en fonction de son futur environnement d’utilisation. Il donne pour exemple les conditions extrêmes qu’ont pu subir certaines de ses guitares : allant des soutes d’avions à -15°C avec une hygrométrie proche de 0 jusqu’à des températures au sol à plus de 40°C au moins 90% d’humidité. Toutes ses créations sont ainsi raisonnées et gérées en termes de fiabilité, comme si elles devaient un jour être industrialisées.

Préférant dissimuler ses origines techniques à ses débuts, Christophe Huort les revendiques aujourd’hui comme un atout-maître. Développer des guitares pour des marques est même une idée qui l’intéresserait pour mieux cerner les forces et faiblesses de son travail. Amateur de stages et autres formations au design et à la communication, notre luthier sait que la clé réside dans la constante remise en question de son activité. Les lycées techniques lui ont inculqué les réflexes d’un concepteur d’objets, de systèmes, et la guitare en est un ; Christophe y a appris à s’apprendre.

Guitare christophe huort 2
Du jeu à la création, la quête du son est toujours une histoire d’expérience. Christophe, qui sait que l’empirisme force toujours à admettre une petite part de chance, ne se cachait pas de dire à ses élèves en lutherie : « si un choix de conception semble être une bonne solution et en plus de ça, est fonctionnel, alors il a été fait exprès. ». Il compare le but recherché à une cible : « Au début, vous l’a manquez, ensuite vous resserrez le cercle, et un jour, vous touchez enfin dans le mille. La taille du cercle, c’est votre expérience acquise, et même si au fil des années il devient si étroit que votre taux de réussite ne fait plus débat, pour rester honnête, il vous faut toujours admettre une petite part de chance quand vous touchez pile au centre. »

Ainsi, une grande partie du travail réside dans la préparation, ce qu’il appelle : l’interfaçage de la demande. Le client du luthier parle en terme de ressentiments, d’émotions et de sensations tactiles et sonores ; l’enjeu est alors de traduire tout cela en matériaux, essences et dimensions. On comprend alors aisément la différence que peut faire l’expérience dans ce genre d’exercice. Christophe l’affirme lui-même, ses années en pratique instrumentale et expériences de scènes lui sont des outils extrêmement précieux. Malgré tout, même si le résultat semble correspondre à l’idée qu’évoquait le client, il n’est pas dit au final, que ce dernier ne s’attendait pas à autre chose. Le cahier des charges établit par le luthier correspond à la norme moyenne, et parfois, le résultat  surpasse ses attentes.

L’histoire d’un luthier passionné aux conseils avisés

Pour Christophe Huort, autodidacte un peu forcé, l’enseignement a été une pierre angulaire de sa carrière. Désireux de vouloir apporter aux autres ce qu’il n’a pas pu avoir, ce dernier s’est essayé à la formation d’apprenti Luthier. Une expérience mitigée, car, de nos jours, Christophe a malheureusement bien saisi qu’une majorité de gens considèrent qu’apprendre est une corvée. Paradoxalement, même face à des groupes peu motivés, Christophe retire une bonne expérience de l’enseignement. « En voulant expliquer des gestes quasi-intuitifs à des débutants, on se rend compte de toutes les mauvaises habitudes prises au fil des années », une aventure enrichissante pour notre luthier.

Si nous disions que la lutherie est une affaire de passion, l’adage est vérifié par cette fameuse expérience. Encore aujourd’hui, Christophe a du mal à décrire ce moment qu’il qualifie de presque « magique » où les débits de bois dégrossis, ajustés, collés et façonnés soudainement passent du stade de morceaux de bois à celui d’instrument de musique. Un moment qui parfois arrive très tôt, parfois très tard ; en tout cas, jamais au même stade d’avancement ; où « l’âme de l’instrument s’éveille ».

guitare christophe huort 3 Acquérir une nouvelle guitare jette un vent nouveau sur le jeu du guitariste. De nouvelles sonorités l’attendent, de paire avec un confort peut être oublié. Les mois passent et le confort s’évapore tout doucement, le plaisir de jeu n’est plus présent comme au premier jour… Pour palier à cela, Christophe Huort nous donne quelques conseils pour bien entretenir son instrument. « Comme en amour, cela passe par de petites attentions quotidiennes ».

Lavage de mains avant et après, essuyer ses cordes après avoir joué ; de petits gestes permettant d’éviter l’oxydation trop rapide des cordes et l’entassement de la crasse autour des frettes. Ne pas hésiter à changer les cordes selon l’usure, et en profiter pour dépoussiérer les parties difficilement accessibles avec un pinceau sec et propre.

S’il y a des salissures, Christophe nous invite à utiliser un chiffon humide pour essuyer le plus gros (ne jamais utiliser de détergent, alcool ou solvant).

Pour finir, il ne faut pas hésiter à montrer son instrument à un professionnel de temps à autre. Chez Christophe, les habitués passent en moyenne tous les 15 à 18 mois. Une visite idéal pour vérifier que tout est en ordre, ou pour réajuster quelques paramètres (hauteur des cordes, etc). Il faut tout de même avoir conscience que seul le professionnel saura détecter des problèmes en apparences anodins cachant quelque chose de plus grave. Une visite idéale en somme.

guitare christophe huort 4 Christophe Huort encourage le développement d’une relation tripartite entre le guitariste, son professeur de guitare et le luthier. Une idée qui lui est venue après avoir entendu bon nombre de ses collègues ayant des élèves voulant régler eux même leur instrument. Christophe propose depuis d’animer des modules de formation pour donner aux guitaristes des éléments de diagnostic sur l’état des réglages d’une guitare.

Ce dernier a remarqué lors de ses premières interventions que les instruments « à peu près » réglés étaient en fait des exceptions. Un instrument mal réglé provoque une gêne, un inconfort notoire dans la pratique de l’instrument. Un élément qui génère des baisses de motivations chez les guitaristes débutants, qui parfois, mettent un terme à leur apprentissage.

Si un instrument confortable permet de poser les bases pour bien débuter, notre luthier souligne qu’il ne faut pas oublier que dans tout apprentissage, l’oubli de la peine ne dispensera jamais l’effort. Même si des solutions, comme MyMusicTeacher, permettent de rendre le cadre de travail plus ludique, il ne faut pas oublier que c’est avec persévérance que l’on s’améliore. Pour notre luthier, le talent est la résultante d’une aptitude particulière couplée à une grande quantité de travail. La réussite, elle, c’est la chance d’avoir un talent au bon endroit, au bon moment.

Christophe a déjà vu bien des joueurs dotés d’un immense talent, mais à la notoriété inexistante. « Si le talent se travaille, la réussite se construit. » : musicien ou artiste, pour réussir de nos jours, il faut savoir façonner sa réputation dans un circuit, comme un réseau professionnel. Pouvoir montrer son talent au bon endroit.

Christophe Huort le luthier On ne peut dès à présent que vous conseiller d’aller rendre visite à un luthier pas comme les autres, Christophe, sur son site web :http://www.huort-ch.com/

Les différentes essences de bois de guitare

différents types de bois à utiliser pour parfaire le son de votre guitare ou son esthétique ! L'essence utilisée dans votre guitare acoustique ou électrique aura une influence.

Ce qui différencie une guitare d’entrée de gamme avec une guitare haut de gamme, c’est souvent la qualité des essences de bois utilisés ! Le bois est la composante essentielle de votre guitare. Avec les micros, ce sont les éléments qui vont avoir le plus grand impact sur votre son.

Des bois de guitare pour tous les goûts !

Aulne (alder)

Peuplier (poplar)

Fresnes (Ash)

 

Aulne (Alder)

Ce bois de corps clair est très souvent utilisé sur les Stratocaster de Fender. C’est un bois neutre qui permet un bon équilibre du son au niveau de la brillance et du sustain.

Peuplier (Poplar)

Un bois de corps clair assez similaire à l’aulne mais moins couteux du fait de sa densité un poil en deçà. On le retrouve généralement dans les versions asiatiques et mexicaines des guitares Fender.

Acajou (Mahogany)

Un bois clair et parfois teinté rougeâtre très employé en lutherie pour la réalisation de corps et manches de guitare. Affichant une densité élevé, ce bois exotique permet des sonorités chaudes et profondes permettant un fort sustain. En contrepartie, le son est moins brillant et peu précis.

Tilleul (Basswood)

Acajou (mahogany)

Erable (Marple)

Tilleul (Basswood)

Un bois de corps tendre peu couteux aux caractéristiques semblables à l’acajou tout en permettant des sonorités plus claires du fait de sa densité plus faible. Il existe plusieurs sortes de tilleul, classé en fonction de leur neutralité.

Fresnes (Ash)

Un bois de corps clair et veiné permettant un son cristallin et claquant au détriment du sustain. Il fut très utilisé sur les Fender Telecaster des années 50, leurs donnant alors ses sonorités mythiques.

Erable (Marple)

Un bois dense et rigide principalement utilisé pour les manches, touches et tables des guitares électriques. Il est très conducteur et permet une intonation claire et précise du son. Palissandre (rosewood) Ebène (Ebony)

Palissandre (Rosewood)

Un bois foncé très dur et dense principalement utilisé pour les touches. Rarement vernis il permet un incroyable sustain mais est très lourd.

Ébène (Ebony)

Un bois très foncé, gras et d’une plus grande densité encore que le palissandre. Il est principalement utilisé pour les touches et permet d’acquérir un son extrêmement chaleureux à grand sustain.Si la question des matériaux utilisés dans la fabrication d’une guitare et le monde de la lutherie vous intéresse, je vous invite à lire notre interview de Christophe Huort, un luthier pas comme les autres !