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Le mythe du La 432 Hz

Oscilatte Daniel Sierra

Aujourd’hui, je vous propose un article un peu moins sérieux que d’habitude sur un sujet assez fumeux qui provoque les théories conspirationnistes les plus farfelus du monde musical : Le mythe du La 432 Hz.

Une question de diapason

Avant d’entrer dans les fondements du mythe, parlons un peu de théorie musicale (oh noonnnn encore?). Vous en avez certainement déjà vu un en cours de musique au collège, le diapason est un petit outils constitué de deux lames en métal épaisses et parallèles soudées en forme de U et prolongée par une tige. Il sert à donner la hauteur d’une note-repère dont la fréquence est le fruit d’une convention commune. Actuellement, la note-repère est le La 3, à la fréquence de 440 Hz.

Pour ceux qui utilisent un accordeur chromatique pour guitare, vous avez peut être déjà remarqué cette fonction permettant de changer la fréquence de la note de référence. Faire varier cette fréquence variera la perception de justesse de votre accordeur. Un La 432 Hz va par exemple sonner moins aigu qu’un La 440 Hz mais sera malgré tout ” juste ” pour votre accordeur s’il est réglé comme tel.

L’intérêt de définir une note de référence réside par exemple dans l’harmonisation des instruments modernes, pour que tous puissent s’appairer et permettre à n’importe quel musicien de jouer sur les mêmes tonalités.

Un diapason
Un diapason.

Mais qu’en est-il du La 432 Hz, pourquoi est-ce un mythe ?

Pour résumer, les amateurs des théories complotistes nous affirment qu’à l’époque où nos ancêtres ont créée les premières formes de musiques, ils utilisaient comme note de référence le La 432 Hz. Cette fréquence est supposée concorder avec des figures mathématiques comme le nombre d’or. Cette proportion utilisé en géométrie, fruit du rapport entre deux longueurs A et B tel que (A+B)/A = A/B … ouch n’est-ce pas ?  Il est dit que le nombre d’or possède des qualités visuelles intrinsèques et serait à l’origine d’incroyables constructions comme les pyramides, ou les œuvres d’art les plus connus. Cette concordance, laisserait entendre que le La 432 Hz est en accord avec les fréquences de la nature, de la vie, et même de l’univers… Wahou. Jouer de la musique avec pour référence un La 432 Hz aurait alors des propriétés bénéfiques pour nous autres auditeurs, harmonisant notre esprit avec le cosmos et soignant nos maux les plus enfouis. Voilà pour la théorie. Pour prouver leurs avancées, les défenseurs du La 432 Hz n’hésitent pas à mettre en avant des calculs savants à base de théorèmes pythagoriciens ou d’images comparant la beauté d’une haut résonant à 432 Hz comparé à celle à 440 Hz. Décriant ce dernier, ils relèguent le La 440 Hz à un instrument de propagande aux effets néfastes sur le corps et l’esprit, comme une arme au cours de la dernière guerre mondiale. Au final, qu’en est-il ?

De l'eau !
De l’eau ! C’est beau !

Une histoire de convention et de subjectivité

En réalité, les théories se fondant sur les figures mathématiques n’ont jamais été vérifiées par la communauté scientifique, et les calculs mis en avant sont souvent bancales et incorrect. Malgré tout, il ne faut pas oublier qu’il est possible de faire dire ce que l’on veut aux nombres selon le contexte dans lequel nous les utilisons. Saviez-vous que le lit est l’endroit le plus dangereux du monde ? 80 % des gens y meurent ! Voilà un bel exemple de détournement de statistique.

Au cours de l’histoire, les notes de références ont très souvent changé de fréquence. Les raisons sont intrinsèques aux instruments et à leurs modalités de conception. Les grands compositeurs de musique classique eux-mêmes utilisaient leur propre diapason dans l’élaboration de leur symphonie. Ainsi, on notera que Mozart utilisait un La 422 Hz, et Haendel 423 Hz. Le La 432 Hz nous vient entre autres du compositeur Italien Giuseppe Verdi. La propagande autour des diapasons et notes de référence est aussi issue de la concurrence entre les musiciens, chacun voulant imposer sa norme.

Au final, le mythe du La 432 Hz fait partie de ces débats entre suiveurs et détracteurs qui feront encore couler beaucoup d’encre dans un univers un peu plus alternatif de la musique.