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Tour d’horizon des chevalets pour guitare.

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Guitare

C’est bien souvent la pièce que les guitaristes connaissent le moins sur une guitare. On se dit ” oh lala les cordes viennent de là, je ne vais pas y toucher pour rien dérégler “Effectivement, chevalets et cordiers font partie des mécaniques qui se doivent d’être stables et inchangées contrairement aux clés d’accordages sur lesquelles nous agissons très souvent pour accorder notre guitare.

Nous allons d’abord commencer par décrire les paramètres sur lesquels agissent les chevalets puis nous étudierons ensemble les différents types de chevalets pour guitare électrique.

Tour d’horizon des chevalets pour guitare.

Sommaire

  1. L’action, la justesse et la transmission
  2. Les chevalets télécaster & stratocaster
  3. Le tune-o-matic

L’action, la justesse et la transmission

Le chevalet est une pièce placée entre les cordes et la table d’harmonie de l’instrument : son rôle est de transmettre les vibrations des cordes à la table qui va amplifier le son produit. Le chevalet sert aussi à maintenir l’espacement entre les cordes, et à les maintenir à la bonne hauteur par rapport au manche. Cette hauteur s’appelle l’action. Sur la guitare électrique, chaque corde est bien souvent située sur des pontets. Ce sont de petits sillets réglables, servant à régler la justesse de l’instrument (le diapason de chaque corde).

Les chevalets télécaster & stratocaster

  • Les chevalets télécaster

Léo Fender savait y faire, il avait conçu dans les années 50 un chevalet révolutionnaire permettant de régler les cordes deux à deux. Notamment utilisé sur les Télécaster, c’est le premier chevalet offrant la possibilité de régler la hauteur et la justesse des cordes. Ce chevalet est monté avec non pas six pontets indépendants, mais trois rangées de deux pontets. Ce système, bien qu’innovant à l’époque, empêche toutefois de régler parfaitement la justesse de chaque corde. Le chevalet de Telecaster subi différents changements au niveau des matériaux utilisés comme du design. On trouve aujourd’hui plein de variantes différentes ; détails intéressants, le chevalet d’origine n’est pas parfaitement réglable, il fallait donc faire un changement à ce niveau, ce qui se fit durant les années ’70, mais quand Fender décida de faire des modèle réissus, ils reprirent le chevalet d’origine…avec ses défauts. Toutefois, le réglage se fait sur 2 cordes à la fois, ce qui empêche de régler parfaitement chaque corde. La première version de ce chevalet est munie de pontets en laiton reconnaissables à leur teinte dorée. Leo Fender a créé cette guitare à corps plein pour concentrer la création sonore sur ses micros. A l’époque elle s’appelait la Broadcaster au milieu des années ’50, les pontets furent fabriqués en acier sans changer le design du chevalet. La qualité sonore, le sustain et la précision de la guitare ont révolutionné l’histoire de la lutherie. Au milieu des années ’60, les pontets furent fabriqués à partir d’un pas-de-vis afin d’empêcher les cordes de glisser, ici sur une Telecaster de 1966 car les pontets de la première version ne comportent pas d’encoches. A partir de la fin des années ’60, les pontets furent améliorés en taillant deux encoches ce qui, outre le fait d’avoir le même écart entre chaque corde, le rendait plus “propre” à l’oeil, ici sur une Telecaster de 1971. Ce n’est qu’en 1954 qu’il améliora son concept avec un chevalet à 6 pontets pour son modèle Stratocaster. La mécanique au design iconique participe maintenant à l’image de la marque.

  • Les chevalets stratocaster

Dessinée en 1954 par Leo Fender, Freddie Tavares et George Fullerton, la Stratocaster adopte une forme avant-gardiste pour l’époque. N’étant pas guitariste lui-même, Leo Fender fait appel à des professionnels de musique country, tels que Bill Carson et Rex Gallion, pour valider les options choisies à chaque étape de la conception et s’assurer que le modèle correspond à leurs besoins. Dès le départ, la guitare est conçue pour une production en série. De fait, l’invention puis la fabrication de la guitare électrique, tous concepteurs et modèles confondus, est particulièrement rapidement passée du stade expérimental au stade de la production de masse. Elle aura beaucoup participé à l’évolution de la musique populaire occidentale depuis les années 1950. C’est le premier chevalet à pontets réglables individuellement en hauteur et en longueur est apparu en 1954 sur la fender stratocaster. Il est aujourd’hui la référence des chevalets-vibratos et est désormais installé sur beaucoup d’autres modèles de différentes marques. Il s’agit d’un chevalet-cordier-vibrato, qui passe à travers le corps de la guitare, et qui est fixé par plusieurs ressorts dans une cavité du dos de la guitare, les cordes s’installent par le dos de l’instrument.

Ce chevalet existe aussi sans le système de vibrato (chevalet fixe) et est aujourd’hui décliné en énormément de variantes, mais le principe de base n’a pas changé, ce qui souligne encore une fois l’incroyable créativité de Léo Fender.

Le chevalet de la Fender Stratocaster est la plupart du temps un chevalet-cordier-vibrato. S’il existe une version fixe, c’est une exception car 99% des Stratocaster sont munies d’un vibrato. C’est une guitare de type solid-body, c’est-à-dire à « corps plein » (par opposition à la guitare acoustique dont le corps creux forme une caisse de résonance), elle est constituée d’un corps en aulne ou en frêne selon les finitions, d’un manche vissé par quatre vis jusqu’à mai 1971, par trois vis ensuite, pour revenir à quatre vis au début des années 1980. Ici sur une « Stratocaster » de 1962, contrairement à la Telecaster, le chevalet de la Strat resta inchangé jusqu’au début des années ’70. Le chevalet d’une « Stratocaster » de 1974 dont les pontets sont plus massifs que ceux d’une Strat ’60. Le chevalet d’une « Stratocaster Elite » de 1984 dont les pontets ont un design particulier, à noter que ce modèle possède un autre type de vibrato, qui par rapport à la version traditionnelle s’avère être un fiasco. Le chevalet en version fixe (sans vibrato) ici sur une « Stratocaster American Standard » de 1986 dont les pontets sont encore plus massifs que ceux d’une Stratocaster ’70.

Le tune-o-matic

C’est le type de chevalet que l’on retrouvera le plus souvent sur les guitares du type Les Paul. Originaire de Gibson, ce chevalet a été créé afin de s’adapter aux guitares à table plate (flat top) comme celles à table bombée (arch top). Le but était d’obtenir un chevalet qui puisse prendre en compte les différents ajustements en longueur d’une corde afin d’en parfaire l’intonation.

  • Le chevalet Tune-o-matic “ABR-1” ’54-’61

Le chevalet est exempt de fils, les pontets tiennent grâce à la tension des cordes, il est alors facile de perdre un pontet si une corde casse. On voit également l’inscription “Gibson ABR-1” au dos du chevalet, on noter que seuls deux pontets sont restés en place. Au milieu, on trouve les « inserts » ainsi que les molettes qui permettent de régler la hauteur sans tournevis. On constate également le numéro de patent «2’740’313″ inscrit au dos du chevalet à la place de l’inscription ABR-1 à partir du milieu des années ’60.

  • Le chevalet Tune-o-matic “retainer” ’61-’71

Cette version est exactement la même que la précédente. On retrouve l’inscription “Gibson ABR-1“. On voit que les pontets sont retenus. On voit également que le fils est simplement “planté” dans deux petits trous percés dans le chevalet. Les trous dans lesquels sont placés les pontets.

  • Le chevalet Tune-o-matic “new nashville” ’71-aujourd’hui

Ce chevalet est apparu en 1971 et fut baptisé “new tune-o-matic” ou “nashville tune-o-matic » ; il s’agit d’un chevalet tune-o-matic plus large et plus lourd dont les pontets sont enfermés pour un meilleur sustain. Les molettes ou “rondelles” vissées aux inserts supportant le chevalet sur l’ancienne version du tune-o-matic, ont été remplacé par un système qui consiste en une vis en forme de “toupille” qui soutient le chevalet. Ce type de chevalet est plus ergonomique, mais il ne permet pas de régler la hauteur des cordes sans en baisser la tension, contrairement à son prédécesseur dont la hauteur se règle très facilement même avec les cordes tendues. C’est la variante la plus courante. Ce chevalet ne porte plus l’inscription “ABR-1” ni de numéro de patent.

Tour d’horizon des chevalets pour guitare.
  • Le chevalet Tune-o-matic “Rectangulaire” ’71-’82

En 1971, une nouvelle version du chevalet tune-o-matic fabriquée en Allemagne par Schaller fut utilisée par Gibson. Appellé “tune-o-matic rectangulaire” (rectangular tune-o-matic), il est également connu sous le nom de “chevalet harmonica” en raison de sa forme. Ce chevalet est deux fois plus large que le chevalet tune-o-matic standard et offre donc un plus grand rayon d’action. Les pontets sont “enfermés” et fixés sur des vis à deux têtes, ce qui permet de régler les pontets de chaque côté.

Le chevalet Tune-o-matic “Nashville wide-travel” ’77 à aujourd’hui

C’est en 1977 que Gibson sort encore une autre variante de son chevalet fétiche sous le nom de “Nashville wide-travel tune-o-matic » Il s’agit d’un chevalet un peu plus large que les premières versions (mais moins que le chevalet rectangulaire) et dont les pontets sont toujours “enfermés”.

Le chevalet trapèze pour Les Paul

Il constituait la référence sur les guitares Les Paul avant l’apparition du Tune-o-matic en 1954. Ce chevalet est très caractéristique et peu pratique, car les cordes passent sous le chevalet empêchant de les étouffer, et est également exempt de pontets, ce qui empêche de régler la justesse de la guitare. Le tout premier modèle de guitare électrique de chez Gibson était la “Les Paul model” qui fit son apparition en 1952. Sur les tout premiers modèles de 1952 et 1953, le chevalet d’origine était le chevalet “Les Paul” connu sous le nom de « chevalet trapèze ». Ce chevalet est très caractéristique et peu pratique, car les cordes passent sous le chevalet empêchant de les étouffer, et est également exempt de pontets, ce qui empêche de régler la justesse de la guitare. Au fur des années, il y a eu des changements dans l’évolution.

  • Le chevalet cintré (wrap-over) 1ère version ’53-’62

Le chevalet cintré, également appelé « chevalet d’arrêt », a été mis au point en 1952 par Ted Mc Carty, afin de remplacer le chevalet trapèze de Les Paul qui n’était pas très pratique. Ce chevalet ne fut cependant installé qu’à partir de 1953 sur la Gibson Les Paul model. Ce “nouveau” type de chevalet nécessita un accroissement de l’angle du manche avec le corps de la guitare par rapport aux précédents modèles équipés du chevalet trapèze installé sur les « Les Paul » jusqu’alors. Ce chevalet a toutefois le désavantage de ne pas avoir de pontets réglables ; il consiste en un “pont” dans lequel les cordes sont simplement fixées, exactement comme le cordier d’arrêt qui accompagne le chevalet tune-o-matic.

  • Le chevalet cintré (wrap-over) 2ème version ’62-’71

La toute première série du chevalet cintré de 1953 n’a pas de pontets, il fallut attendre 1962 pour voir apparaître une version avec des pontets “compensés » ; il s’agit de pontets fixes préréglées selon une hauteur de corde déterminée. La hauteur des cordes ne peut donc pas être changée sans altérer la justesse de chaque corde, la guitare ne peut donc plus sonner “juste” sur toute la longueur du manche. On le retrouve principalement sur les Gibson SG « Junior » et « Spécial », les Melody Maker ainsi que sur les Firebird « I » et « III » de l’époque ’60. Etonnamment, on le retrouve sur des modèles plus récents comme sur la gamme « Gordes » (SG et Les Paul) de 2006. Une de « Les Paul Goldtop » de 1954 ainsi qu’une « SG Special » de 1961 toutes deux munies de la première version du chevalet cintré qui ne comporte pas de pontets. Une de « Firebird I reverse-body » de 1964 et une de Les Paul Goddess de 2006 sont munies de la 2ème version du chevalet cintré muni de pontets compensés. Il est à noter que les modèles munis du chevalet cintré (1ère et 2ème version) forcent à avoir une hauteur de corde donnée, la hauteur des cordes (l’action) ne peut donc pas être changée sous peine de dérégler complètement l’instrument.

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